L'article qui suit est le texte complet de la tribune à paraître en version condensée dans la rubrique
« expression des groupes politiques » du journal municipal de septembre 2007.
Selon un sondage réalisé à la mi-août, au terme des 100 premiers jours de règne de notre Super Président, une immense majorité des Français approuve ses premières mesures. Ce qui est quelque part
plutôt rassurant pour la démocratie, puisque c'est bien sur ces promesses qu'il a été élu en mai dernier par 53% des électeurs.
En tête du hit parade, la déduction des intérêts d'emprunt immobiliers (87%), l'instauration de peine-plancher pour les récidivistes (84%) et la loi sur le service minimum (72%). Plus discutée l'autonomie des universités (« seulement » 58% de satisfaits), tandis que la suppression de 22.000 postes de fonctionnaires était quant à elle désapprouvée à 61%.
Il y a fort à parier que d'autres mesures encore à venir, qui étaient elles aussi au programme du candidat UMP, seront accueillies avec le même enthousiasme: suppression de la carte scolaire, contrat de travail unique en remplacement des CDI, CDD et interim, défiscalisation des heures supplémentaires, suppression des droits de succession, durcissement des lois contre l'immigration, remise en cause du regroupement familial, etc...
Quant à la « méthode Sarkozy » et l'hyper-présidentialisation de sa fonction, elle semble également plaire aux sondés, puisque 64% s'en déclarent plutôt satisfaits. Relégués au rang de figurants, le premier ministre (comment s'appelle-t-il déjà ?) ainsi que la plupart des membres du gouvernement qui devaient incarner le changement n'ont quasiment pas le droit de parole et semblent inexistants. Au point que certains comme Jack Lang, pour ne pas le citer, en sont même à proposer la suppression pure et simple du poste de premier ministre.
Après tout pourquoi pas, observent un certain nombre d'analystes politiques, à condition toutefois que le président soit responsable devant le parlement (qui à ce jour rappelons-le ne peut pas le destituer), et que ce dernier dispose d'un réel contre-pouvoir, ce qui est loin d'être le cas, en particulier depuis l'inversion du calendrier électoral, voulue par Jospin avant sa déconfiture de 2002.
Mais enfin comment ne pas voir à travers toutes ces mesures, directement inspirées de l'ultra libéralisme et de la mondialisation économique, un programme de régression sociale. Les Français seraient-ils subitement devenus tous millionnaires ou actionnaires de fonds de pension américains?
Il n'y a pourtant en soi rien de choquant à ce qu'un politicien de droite, élu par une nette majorité d'électeurs, applique une politique de droite et que lesdits électeurs en soient satisfaits, c'est le fondement même de la démocratie, que cela nous plaise ou non.
Alors, c'est à nous, élus et militants de gauche aux yeux desquels ces mesures apparaissent toutes plus antisociales les unes que les autres, de le faire comprendre et surtout de proposer un programme « un peu plus sexy », qui fasse rêver davantage, comme Nicolas Sarkozy a su le faire si habilement de son côté. A nous maintenant, d'ici 2012, de réinventer une gauche intelligente et séduisante.



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