Non au « service minimum d'accueil »

Publié le par Elus Verts de Sevran


Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale et le gouvernement de Nicolas Sarkozy ont fait voter une loi instaurant un « service minimum d’accueil » en cas de grève des enseignants dans les écoles maternelles et élémentaires.


Selon cette loi, les communes auraient obligation d'assurer l'accueil des enfants dans les écoles où plus de 25% des enseignants seraient en grève. Elles auraient pour cela 48 heures pour transmettre à la Préfecture une liste d'agents communaux (volontaires ou réquisitionnés ?) censés garder les enfants en l'absence du personnel enseignant.

Outre l'aspect purement matériel de ce dispositif, qui pose nombre de problèmes d'organisation quasiment insolubles, cette réforme soulève de nombreuses interrogations sur le fond et provoque de vives réactions de la part des organisations syndicales d'enseignants, des partis politiques et même des parents d'élèves.

En Seine-Saint-Denis, la quasi totalité des municipalités de gauche, et de nombreuses villes « de droite » refusent de mettre en place ce service minimum.

Le lundi 6 octobre prochain à midi, à la veille d’une grande journée de grève dans l’Education Nationale, les organisations syndicales : FSU, SNUIPP, SE UNSA, SGEN CFDT ; la FCPE, les élus Verts, Socialistes, Communistes, Radicaux et Citoyens, et Radicaux de Gauche de Seine-Saint-Denis tiendront une conférence de presse dans les salons d'honneur de la ville de Pantin pour dénoncer la mise en place sous contrainte de ce dispositif.

Les Verts de Sevran et de Seine-Saint-Denis sont bien entendu partie prenante de ce mouvement de protestation et soutiennent les initiatives unitaires qui vont dans ce sens.



Communiqué des organisations participant à la conférence de presse du lundi 6 octobre


A l’occasion d’une journée de grève dans l’Education Nationale le 7 octobre, les organisations syndicales: FSU, SNUIPP, SE UNSA, SGEN CFDT; la FCPE, les élus Verts, Socialistes, Communistes, Radicaux et Citoyens, et Radicaux de Gauche de Seine-Saint-Denis dénoncent à l’unanimité la mise en place sous contrainte du service minimum d’accueil dans les écoles maternelles et élémentaires.

Cette mesure gouvernementale est une remise en cause du droit de grève qui vient s’ajouter aux multiples attaques contre le service public d’éducation.

Ils considèrent que les municipalités n’ont pas à se substituer à l’Etat dans le cadre d’un conflit qui l’oppose à ses propres agents et que le personnel municipal n’a pas vocation à devenir briseur de grève.

Les enseignants, comme d’autres, subissent les diminutions de postes, la dégradation de leurs conditions de travail, une politique salariale insuffisante. Ils ont toutes les raisons de lutter.

De plus, compte tenu du délai minimum pour déposer un préavis de grève, les mairies se trouvent dans l’incapacité d’assurer l’accueil de jeunes élèves dans des conditions de qualité et de sécurité satisfaisantes. Les agents de mairie, dont le temps de travail est déjà occupé à des tâches indispensables, ne sont en effet pas formés pour encadrer ou instruire de jeunes enfants.

Les élus Verts, Socialistes, Communistes, Radicaux Citoyens, et Radicaux de Gauche du département refusent donc de s’engager dans la mise en place d’un service de garderie qui ne saurait remplacer l’école.


Nous, élus et parents d’élèves, représentants d’enseignants, refusons d’être complices d’un gouvernement qui remet en cause le droit de grève et la qualité même du service public de l’Education Nationale.



L'exemple de Dominique Voynet à Montreuil


MAIRIE DE MONTREUIL
COMMUNIQUE DE DOMINIQUE VOYNET


A propos du « service minimum d'accueil »


Le gouvernement a fait voter une loi instaurant un « service minimum d'accueil », notion nouvelle et totalement floue, en cas de grève des enseignants dans les écoles maternelles et élémentaires.


Les dispositions retenues transfèrent la responsabilité d'organiser ce service aux communes. En clair, le gouvernement décide, elles exécutent.

L'absence de concertation et la précipitation ont prévalu: Les élus, les syndicats d'enseignants et les fédérations de parents ont également été mis devant le fait accompli.

Le gouvernement a opté pour le passage en force, sans prendre en compte les points de vue et préoccupations de chacun, les difficultés rencontrées par les familles, la responsabilité des communes, le droit de grève des enseignants...

En demandant aux communes d'intervenir dans le règlement de conflits internes à l'Education Nationale, sa stratégie aboutit à opposer artificiellement les parents, les enseignants et les élus.


Nous sommes confrontés à une mauvaise loi, bricolée à la hâte et inapplicable à bien des égards :

  • . Quels seront les lieux d'accueil ? A l'école, ou en dehors de l'école ? Dans les classes ? Sous les préaux? A côté des classes dont les enseignants sont non grévistes ? Avec ou sans possibilité de sortie en dehors des locaux ?

  • . Quels personnels, mobilisés en moins de 48 heures, payés au SMIC horaire, assureront cet accueil ? Seront-ils volontaires ou réquisitionnés ? Avec quelle qualification ? Et pour faire quelles activités dans la journée ? Quel encadrement pour combien d'enfants ? Avec quelles normes de sécurité ? Et quelle répartition des responsabilités en cas d'accident ?

La ville de Montreuil ne prendra aucun risque avec les conditions d'accueil et de sécurité des enfants: une journée de garderie sans connaissance préalable des enfants et des lieux, qui plus est pour des personnes mal préparées à cette tâche, c'est irresponsable !


Elle entend également ne pas mettre au pied du mur les personnels municipaux et leurs représentants qui n'ont pu être consultés dans les délais imposés.

Pour tous ces motifs elle n'organisera pas le service d'accueil mardi 7 octobre.


Dominique Voynet, Maire de Montreuil, rappelle à cette occasion son soutien aux demandes actuelles des syndicats enseignants, des associations de parents et des mouvements pédagogiques qui manifesteront le dimanche 19 octobre.


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evajoli 12/10/2008 00:09

"Cette mesure gouvernementale est une remise en cause du droit de grève"  ????
le personnel censé garder les enfants dispensera t il des cours ?