Juillet, c'est le temps des moissons, même à Sevran...

Publié le par Elus Verts de Sevran

moisson.jpg
SEVRAN, HIER. Dernier jour de récolte pour Christian Dubois, le seul paysan encore installé en Seine-Saint-Denis. Il moissonne une parcelle de blé située sur un terrain appartenant à l'Agence foncière et technique de la région parisienne...

La moisson est bonne. Même au pied des tours. Christian Dubois, le dernier agriculteur installé en Seine-Saint-Denis, l'a constaté hier, tandis que son énorme machine jaune avalait consciencieusement les épis, traçant de larges sillons dans cet océan de blé. La parcelle se trouve à Sevran. Un champ de 20 ha coincé entre les immeubles de la cité basse de Sevran et les pavillons qui bordent la rue Paul-Lafargue à Villepinte. Un terrain que l'AFTRP (Agence foncière et technique de la région parisienne) lui a concédé depuis des années à titre précaire. « Le rendement est aussi bon ici que sur mes terres », reconnaît Christian Dubois, propriétaire de la ferme du Vieux-Pays à Tremblay-en-France. Une exploitation de 350 ha créée par son grand-père, qui s'étend sur Tremblay et Roissy-en-France.

« Il m'est arrivé de rester jusqu'à 3 heures »

Hier, c'était pour lui la fin de la récolte du blé. Commencée le 10 juillet avec dix jours d'avance sur le calendrier, la moisson avait dû être interrompue par trois fois, à cause de la pluie. L'agriculteur est complètement tributaire de la météo. L'eau est la grande ennemie du moissonneur. Elle fait pourrir les récoltes. « On moissonne tant qu'il ne pleut pas, souligne Christian. Il m'est arrivé de rester jusqu'à 3 heures pour finir un champ. » Hier, la météo était favorable. A pied d'oeuvre dès 10 heures, il savait qu'il lui faudrait la journée pour effectuer tout le travail. « Une quantité normale pour une qualité moyenne, mais un prix correct », précise Christian Dubois.

Toute la journée, la remorque de 18 t chargée de blé a fait des allers-retours jusqu'à sa ferme de Tremblay où la récolte a été entreposée en attendant de partir pour la coopérative ou d'être vendue à des négociants. « Le blé est devenu spéculatif », confie le cultivateur qui s'est relayé toute la journée sur la machine avec ses deux chauffeurs. Combien de temps pourra-t-il encore exploiter ce champ oublié par l'urbanisation ? Il ne le sait pas lui-même. « Quand je l'ai loué, l'AFTRP m'avait dit que c'était jusqu'à l'an 2000 ! » relève-t-il. Il y a donc toutes les chances pour qu'il cultive encore cette parcelle l'an prochain. Ce ne sont pas les riverains qui s'en plaindront, trop heureux de voir un champ de blé depuis leurs fenêtres. « Il ne faut cependant pas prendre les champs pour des terrains de cross, s'énerve le cultivateur, remonté contre les quads. Quand j'en vois, assez rarement tout de même, je leur fais la leçon et ils comprennent ! »

Source: Alain Martin - Le Parisien , vendredi 27 juillet 2007

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

jacques 28/07/2007 09:46

C'est une image que l'on aimerait bien voire perdurer...Mais bon, l'utopie tue l'utopie!