Un rééquilibrage qui n'efface pas la victoire de la droite

Publié le par Elus Verts de Sevran

Le second tour des élections législatives, dimanche dernier, a finalement donné lieu à un rééquilibrage des votes, qui a quelque peu pondéré la victoire écrasante de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle.

La « vague bleue », la « déferlante » de l'UMP sur l'Assemblée nationale que tous les analystes attendaient ne s'est en fin de compte pas produite. On s'attendait à 450 députés UMP pour une petite centaine d'élus socialistes, on n'aura finalement « que » 320 contre 220 et même, oh miracle, 4 députés Verts, soit un de plus que dans la précédente mandature !

Les journalistes et les professionnels de la profession nous expliquent aujourd'hui que c'est la faute à Jean-Louis Borloo et un peu aussi au premier ministre François Fillon, qui ont réussi à nous faire peur avec le dossier de la « TVA sociale ». Le premier est en tout cas très lourdement sanctionné, puisqu'il est aujourd'hui même nommé ministre d'Etat en charge de l'écologie, du développement durable, etc, en lieu et place d'Alain Juppé, débouchonné à Bordeaux.


Tout cela ne doit pas nous faire oublier la victoire on ne peut plus nette de la droite à l 'élection présidentielle, ni le constat objectif que Sarkozy dispose bel et bien de tous les moyens pour dérouler sans état d'âme sa politique de régression sociale et environnementale.

Un programme de régression sociale, c'est bien de cela dont il s'agit. A côté de réformes choc, suppression de la carte scolaire, remise en cause du regroupement familial, plusieurs mesures comme la défiscalisation des heures supplémentaires, la déduction des intérêts d'emprunt pour les plus fortunés, la création du bouclier fiscal, la quasi-suppression des droits de succession ou la fameuse « TVA sociale » (quel savoureux contresens pour un impôt aussi injuste) vont frapper de plein fouet les salariés les plus modestes en diminuant leur pouvoir d'achat.

La TVA sociale, au prétexte d'alléger les charges des entreprises pour réduire le coût du travail, ne servira en réalité qu'à financer les cadeaux fiscaux faits aux plus riches en faisant payer les plus pauvres. Il s'agit ni plus ni moins de transférer vers les ménages la charge des cotisations patronales qui servent à financer les caisses de Sécurité sociale. Le premier ministre, tout en soutenant « qu'il n'est pas question d'alourdir les impôts », a déjà annoncé une hausse de 5 points de la TVA, soit 30 à 40 milliards d'euros à la charge des salariés pour soulager les patrons.

Curieusement, toutes ces mesures anti-sociales et impopulaires, ce sont les électeurs qui les ont voulues, en votant massivement pour la droite aux présidentielles, puis aux législatives, c'est le choix de la démocratie, il nous faut le respecter.

Il nous faudra aussi, et c'est maintenant le devoir de toute la gauche, socialistes, communistes et bien sûr les Verts, nous interroger sur les raisons de cette défaite et nous remettre en cause. Et sans attendre, car d'autres échéances se profilent, très rapidement, qui pourraient bien voir s'effondrer d'autres illusions pour tous ceux qui n'en n'auraient pas tiré les leçons.

Publié dans Actualité

Commenter cet article